Lire et découvrir l’auteur de Zorbas le grec. 1/07/2018

Lire et découvrir l’auteur de Zorbas le grec.

 

 Source: https://www.telerama.fr/livre/trois-raisons-de-re-lire-nikos-kazantzaki,141530.php

Nikos Kazantzakis. Cet écrivain et intellectuel crétois a été un peu oublié. Plus pour longtemps puisque Les éditions Cambourakis ont entrepris la réédition de ses œuvres.
Les éditions Cambourakis ont entrepris la réédition des œuvres de Nikos Kazantzaki (1883-1957). Les arguments ne manquent pas, pour inciter à redécouvrir ce grand écrivain et intellectuel grec. En voici trois:
1. Parce qu’il y a parfois de grands livres derrière les mauvais films…
Le pittoresque cabotinage de Anthony Quinn et le sirtaki de Mikis Theodorakis dans Zorba le Grec ont transformé en sirupeux triomphe mondial une des plus belles déclarations d’amour à la vie qui soit – le roman Alexis Zorba (1946). Un jeune intellectuel grec décide de ranger ses livres et d’ouvrir une mine de lignite en Crète. Là, il tombe sur un prodigieux énergumène, une bourrasque permanente qui, entre émerveillement, cuites à l’ouzo, enthousiasmes spontanés et amour de la nature, lui donne une suite de leçons de vie que lui, “souris papivore”, ne comprendra pas tout de suite. Zorba est un faune, Zorba est un sage, Zorba a tout compris sans rien avoir appris, Zorba vit et ne réfléchit qu’après… Intellectuel torturé par l’ascèse et la recherche de l’absolu, Nikos Kazantzaki célèbre ici la victoire de l’instinct sur l’intelligence égarée. Le lyrisme somptueux de son style lui fait d’emblée atteindre à l’épopée. Alexis Zorba est tout sauf un roman psychologique : c’est un chant, un poème, un monument. On ne s’étonne pas, en sortant de sa lecture, que Kazantzaki, seul de son temps, ait osé réécrire L’odyssée.
2. Parce qu’un (beau) livre peut en cacher d’autres.
En rééditant aussi Rapport au Greco (plus connu auparavant sous le titre Lettre au Greco), les éditions Cambourakis permettent de suivre le parcours intellectuel du vrai Kazantzaki. Autobiographie écrite un an avant sa mort, Rapport au Greco raconte un itinéraire spirituel, de l’enfance à la rencontre avec le modèle de Zorba. On y découvre un mystique rongé par la quête inquiète de Dieu, le cherchant de maître en maître, se laissant tenter par la vie monacale, parcourant sa Grèce avec Homère à la main, s’attachant à Bouddha, Lénine, Nietzsche, saint François d’Assise et Freud, refusant les femmes et le vin pour chercher d’autres éblouissements… Grand voyageur, Nikos Kazantzaki restera crétois avant tout – il est né à Héraklion – et partagera avec son peuple ses passions, ses combats, ses figures mythiques. S’il place le livre sous le signe du Greco, c’est parce que le peintre nous a laissé des portraits d’êtres qui ne sont que flamme. Rapport au Greco est un livre brûlant, d’une exigence et d’une soif d’absolu aussi déchirantes que rares.
3. Parce que les œuvres aussi passionnées ne courent pas les rues.
Est-ce cette passion dérangeante qui a fait aujourd’hui un peu oublier Kazantzaki ? Son œuvre est tout sauf tiède (jusqu’à quelques tirades misogynes qui ne la grandissent pas…) et, en nos temps de consensus, ce parcours qui mène d’un extrême à l’autre, Dieu et Lénine, avec la même fougue dévastatrice, peut déconcerter. Raison de plus pour s’y frotter. Sur la tombe de l’écrivain, en Crète, il est écrit : « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre. » Cette liberté, toute son œuvre la chante.

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